Les cartes d'emprunts nationaux

Carte postale illustrée : un soldat français en uniforme bleu-gris, fusil à la main, bras gauche levé et bouche ouverte dans un cri de ralliement. Estampille de la bibliothèque de la Sorbonne.

On les aura ! Souscrivez aux Bons de la Défense nationale, Abel Faivre. En ligne sur NuBIS.

L’émission des emprunts de guerre s’accompagne, dans tous les pays belligérants, de campagnes publicitaires commandées par l’État ou par des institutions monétaires. Celles-ci sont menées dans la presse ou par l’affiche, mais aussi largement diffusées par le biais de cartes postales.

L’imagerie convoque le plus souvent la figure populaire du poilu qui marche vers la victoire et vers le retour au foyer – comme la célèbre affiche réalisée par Abel Faivre et adaptée en carte postale – laquelle incite l’arrière à souscrire à l’emprunt pour accélérer la victoire.

Ces cartes sont également un moyen, pour ceux qui ne peuvent pas souscrire aux emprunts, de soutenir à leur échelle l'effort de guerre et d'en diffuser le message patriotique à faible coût - une carte coûte alors à l'achat autour de 10 centimes.

Carte postale : un poilu casqué étrangle un aigle noir aux ailes déployées. Un casque à pointe gît au sol aux pieds du soldat. Un canon est en flammes à l'arrière-plan. Fond jaune, cadre dessiné.

Pour le suprême Effort. Emprunt national, Société Générale, Marcel Falter. En ligne sur NuBIS.

Carte postale colorée : un poilu debout, fusil en main, encadré de branches de laurier et de rubans tricolores. Cocarde républicaine en bas.

JE donne ma VIE VERSEZ votre OR, Guy Arnoux. En ligne sur NuBIS.

Les Italiens, les Anglais, les Américains, les Britanniques et les Allemands ont également recours à ces cartes postales illustrées qui ont l’avantage de diffuser massivement l’appel aux divers emprunts nationaux, accompagné bien souvent d’un message patriotique.

Carte postale italienne : un homme, en chemise blanche et portant un bandage à l'avant-bras droit, tient un sabre et porte un grand drapeau tricolore italien vert-blanc-rouge.

Prestito Nazionale, Mario Borgoni. En ligne sur NuBIS.

Carte postale italienne : un soldat en uniforme olive, fusil en main, un genou appuyé sur un talus, pointe son doigt vers le spectateur. De la fumée et des flammes en arrière-plan.

« Fate tutti il vostro dovere ! », Achille Mauzan. En ligne sur NuBIS.

La carte intitulée Third Liberty Loan. To make the world a decent place to live in. Do your part - Buy U.S. government bonds, réalisée par Herbert Paus, est une reproduction française d'une affiche américaine, issue d'une réédition destinée à être collectionnée après la guerre. L'artiste, Herbert Paus, a réalisé un grand nombre d'affiches pendant la guerre, reconnaissables à leur style très graphique.

Carte postale américaine : silhouettes noires de soldats portant des baïonnettes et un drapeau américain sur fond de ciel rouge. Encadrement bleu texturé.

Third Liberty Loan. To make the world a decent place to live in do your part - buy U.S. government bonds, Herbert Paus. En ligne sur NuBIS.

Carte postale allemande : portrait d'un soldat allemand à mi-corps en uniforme gris, casque sur la tête et masque à gaz autour du cou, le regard fixe, une main appuyée sur le bord de l'image. Des fils barbelés à l'arrière-plan. Texte en écriture gothique allemande au-dessus et en dessous de l'image.

Helft uns siegen! Zeichnet Kriegsanleihe, Fritz Erler. En ligne sur NuBIS.

Fritz Erler est l'un des fondateurs du mouvement Jugendstil, mais il passe surtout à la postérité pour ses affiches de propagande pendant la Grande Guerre. Celle intitulée Helft uns siegen! Zeichnet Kriegsanleihe connaît un immense succès en Allemagne.

Démonstration des alliances

Dans la perspective de la propagande de guerre, l’iconographie insiste sur les alliances. Par le biais d'assemblages de drapeaux, d’étendards, de symboles animaliers ou d’allégories nationales, ces cartes font la démonstration de la puissance des alliances, qui se multiplient avec le basculement progressif des pays neutres dans la Triple Entente - en 1917, les États-Unis compensent le départ de la Russie.

Carte postale trilingue : trois drapeaux attachés à un fil — français, italien avec écusson de Savoie, et britannique — volent au vent sur fond crème, bordure rouge.

L'Union fait la Force = Union is Strength = L'Unione fa la Forza, A. Vassalo, 1917. En ligne sur NuBIS.

Carte aquarellée : des obus peints aux couleurs des drapeaux alliés pleuvent dans un ciel bleu, en direction d'un casque à pointe posé au sol en bas à droite.

[Obus aux couleurs des drapeaux alliés s'écrasant sur un casque à pointe], F. Lucot. En ligne sur NuBIS.

Carte dessinée au crayon par un enfant : une fleur dont les quatre pétales portent les couleurs des drapeaux des pays alliés (France, Belgique, Royaume-Uni, empire russe), cocarde tricolore française au centre, bordure tricolore.

Gloire à nos Alliés, F. Mailly, carte originale dessinée au crayon et rédigée par un enfant. En ligne sur NuBIS.

Si l'on représente souvent les dirigeants ensemble, les cartes postales mettent également en scène des soldats de différentes nationalités alliées qui combattent coude-à-coude un ennemi commun.

Carte postale caricaturale : des soldats français, russe, britannique et belge embrochent un Allemand de leurs baïonnettes, celui-ci est soulevé du sol.

Vive la France ! Et nos Alliés !!, Lesnit. En ligne sur NuBIS.

Dans la carte intitulée Vive la France ! Et nos Alliés !!, on reconnaît des fantassins français, anglais, russes et belges qui piquent ensemble Guillaume II de leur baïonnette et se réjouissent de la victoire.

Les journées patriotiques, ou « Journées du Poilu »

Les journées patriotiques visent avant tout à récolter des fonds pour des œuvres sociales : les « journées du Poilu », organisées localement, permettent notamment d’envoyer des colis aux soldats sans famille. De la même manière que les emprunts, elles font l’objet d’une publicité largement diffusée par les cartes postales. De nombreux départements organisent également, à l'échelle locale, des journées de mobilisation de l'arrière.

Extrait du Gaulois du 12 décembre 1915 : colonne titrée « La Journée du Poilu » annonçant la mise en vente de séries de cartes postales à 10 centimes.

Le Gaulois. Dimanche 12 décembre 1915, extrait. En ligne sur Gallica/BnF.

« Le comité de la « Journée du Poilu » met en vente plusieurs séries de cartes postales artistiques au prix de 10 centimes. »

Carte postale : une jeune femme en costume de tambour révolutionnaire, coiffée d'un bicorne à plume, bat la caisse. Estampille de la bibliothèque de la Sorbonne en bas à droite.

Semaine de la Charente-Inférieure. 1917. Vive la Nation !, A. Willette. En ligne sur NuBIS.

Carte postale : un soldat en capote bleue partant au front est encadré d'une femme portant un bébé dans les bras et d'un jeune garçon en costume breton portant un fusil sur l'épaule. Un homme brandit le drapeau français à l'arrière-plan. Poèmes en breton et en français en bas.

Journée du Finistère. 10 octobre 1915, Théophile Deyrolle. En ligne sur NuBIS.

Carte en phototypie noir et blanc : un poilu debout de dos regarde un camarade assis ouvrant un colis. Bannière, emblèmes républicains et citation de Gambetta encadrent la scène.

La Journée du Poilu, d'après une affiche de Lucien Jonas, 1915. En ligne sur NuBIS.

Le dessin de Lucien Jonas, affichiste de renom, représente un soldat qui ouvre un colis, environné par un ensemble de symboles républicains - comme l'extrait de la proclamation de Léon Gambetta prononcée le 4 octobre 1870, lors de son départ en ballon de Paris, ou encore des répliques de médailles militaires. Cela permet au donateur d'imaginer ce que son don permet concrètement de réaliser.

La générosité de l'arrière est constamment sollicitée par divers comités et sociétés de secours pour les prisonniers de guerre, les orphelins, les blessés ou encore les réfugiés belges.

Carte monochrome sépia : deux prisonniers de guerre gardés par un soldat allemand devant des baraquements. Blason de Pontoise en haut à gauche et quatrain de Joachim Du Bellay en haut à droite.

Société de secours aux prisonniers de guerre du canton de Pontoise. Quand reverrai je, hélas ! […]. En ligne sur NuBIS.

La carte intitulée Société de secours aux prisonniers de guerre du canton de Pontoise. Quand reverrai je, hélas ! […] fait la promotion d'une oeuvre de charité très locale organisée pour les prisonniers de guerre du canton de Pontoise.