La BIS conserve et a numérisé le « Journal de ma vie d’étudiant à Paris » (cote MS 2627) rédigé de 1843 à 1846 par Émilien Montet-Noganets, né en 1825 et originaire de Montauban, qui « fait son droit » à Paris. Il passe au total six ans dans la capitale, où il arrive en 1840, vraisemblablement pour effectuer sa scolarité dans un lycée. Son journal concerne les trois dernières années de son séjour, durant lesquelles il prépare sa licence de droit. Cet ego-document de 150 pages manuscrites permet d’entrevoir la réalité de la vie étudiante du milieu du XIXe siècle et éclaire sur le rôle du journal intime pour un étudiant.
La pratique de l’écriture de soi, chez un étudiant de la bourgeoisie
La pratique du journal intime se répand largement au XIXe siècle, notamment chez les jeunes bourgeois et aristocrates, auxquels on transmet une culture de l’écrit intime dans une perspective moralisante. L’usage du livre de raison, dans lequel le chef de famille consigne de manière très impersonnelle les affaires de son foyer, s’éloigne pour laisser place à l’introspection. Les élites investissent les nouvelles pratiques de l’écriture de soi pour en faire un exercice pédagogique, destiné à apprendre aux jeunes gens à ordonner leur vie.
Dans le journal d’Émilien, la première année est majoritairement composée de très courtes descriptions laissant peu de place à l’introspection, et l’objectif principal semble, à l’image de ce qu’il est d’usage dans un livre de raison, de tenir ses comptes. On voit alors qu’Émilien cherche, en traçant une colonne pour la date, une pour le texte, et une pour les dépenses de la journée, à ordonner son quotidien.
Il change cependant de pratique au cours de la seconde année de son journal : les descriptions se font plus longues, il exprime davantage son ressenti, notamment vis-à-vis de l’art ou de la nature, comme s’il s’appropriait enfin l’objet du journal. La colonne destinée à la comptabilité de l’étudiant disparaît alors, mais le souci de l’argent demeure, comme le démontrent les fréquentes mentions d’envois d’argent de la famille.
Déracinement, argent et rapports familiaux : l’étudiant provincial à Paris
Les relations de l’étudiant avec sa famille peuvent s’observer en premier lieu à travers ses finances. On estime que 120 francs mensuels sont nécessaires pour ne pas tomber dans la pauvreté, et les bourses sont réservées à l’enseignement secondaire jusqu’en 1877. Même pour les classes aisées, envoyer son enfant à Paris à cette époque est un véritable investissement pour la famille.
Émilien écrit à ses parents très fréquemment, et son père lui envoie souvent de l’argent (jusqu’à 800 francs le 30 juillet 1844). Ce lien familial est primordial pour tout jeune provincial étudiant à Paris : en juin 1845, son frère Léonce, qui réalise ses études dans un collège à Paris, est rappelé par sa famille du fait de « son insouciance & sa faiblesse de caractère » : il a échoué à ses examens. Émilien écrit dans son journal que cet événement lui a permis de mieux comprendre « les prix de l’affection d’une famille ». Quand Léonce échoue à nouveau un an plus tard, Émilien pense immédiatement à leurs proches au pays, et à leur déception. On voit ici le lien affectif qui lie ces jeunes à leur province d’origine, mais aussi le poids de la famille qui peut décider de leur couper les vivres à tout moment.
Le lien de l’étudiant provincial avec sa terre d’origine et ses proches est donc primordial. L’ascension à la capitale constitue une expérience classique pour les jeunes issus de la bourgeoisie provinciale, et Paris est d’ailleurs peuplée en grande partie de provinciaux. On peut cependant s’interroger sur les motivations de ce choix. Ici, il semble que ce soit la volonté familiale qui prime : étudiant en droit, Émilien ne paraît pas passionné par sa matière ; il parle très peu du contenu de ses cours de droit, alors qu’il mentionne au début de son journal de nombreux autres cours auxquels il s’est inscrit (zoologie, chimie, agriculture…). La faculté de droit de Toulouse, à la notoriété non négligeable à l’époque, aurait pu être un choix géographique plus logique pour l’étudiant, mais il semble que son père, avocat également, tienne à envoyer son fils à Paris : les juristes aiment que leurs enfants empruntent la même voie qu’eux, faisant de la montée à la capitale une sorte de rite de passage commun au milieu familial et social. Il semble d’ailleurs qu’Émilien ait été envoyé à Paris dès ses années de lycée, en 1840, alors qu’il n’avait que 15 ans, accompagné de son frère Léonce, ce qui témoigne d’un parcours éducatif savamment orchestré par sa famille.
Éloigné de sa terre natale, l’étudiant n’en est pas moins entouré par des proches originaires de la même région que lui, mais aussi de bonnes rencontres parisiennes. D’un côté, les amis et « presque voisins » d’Émilien semblent être également originaires du sud-ouest : quand il va visiter Fontainebleau, c’est en compagnie de « dames de Toulouse », et il croise parfois à Paris un certain Léon Montet, qui pourrait lui être apparenté. De l’autre, à l’occasion d’un enterrement au Père Lachaise, Émilien parle du défunt en écrivant « Il m’avait reçu comme le fils de sa fille, & je signe ici un dernier témoignage de reconnaissance […] ». Quand il doit quitter Paris à la fin de ses études, il fait preuve de beaucoup d’émotion dans ses adieux à une certaine Madame Michal, chez qui il allait régulièrement dîner à Charenton, décrivant leur relation comme celle d’une mère et d’un fils. Au-delà de la « solidarité provinciale » courante chez les étudiants montant à la capitale, Émilien s’est en quelque sorte constitué une deuxième famille en six ans passés à Paris, et les adieux avec ces personnes proches de lui sont des passages émouvants à la fin de son journal.
La vie quotidienne d’un étudiant bourgeois
Émilien semble relativement aisé : il débute son année d’étude avec 400 francs en poche en novembre 1843, il emprunte peu (il rembourse 60 francs à un de ses amis dès qu’il en reçoit 300 de son père le 18 mai 1844), et parle peu d’argent en général. Même s’il déménage plusieurs fois et qu’il peine à trouver un nouveau logement à un prix acceptable (expérience courante chez les étudiants !), il occupe toujours des appartements assez spacieux au cœur du quartier latin, ou à proximité :
« 12 décembre [1845]. Dans la journée j’ai couru avec Gustave pour trouver des appartements pour des prix fous, nous avons trouvé des chambres excessivement incommodes […]. Je ne croyais pas qu’il fut possible de tant chercher pour trouver si peu. […] 15 décembre [1845]. Nous avons enfin arrêté un logement rue de Seine, 56. Il se compose d’un salon commun, de deux chambres à droite et à gauche. […] 16 décembre 1845. J’ai passé la journée à déménager. Quel plaisir ! […] ».
Il ne semble pas travailler pour financer ses études et se rend très fréquemment au théâtre, à des expositions, et même à l’opéra. Ces sorties culturelles multiples sont l’occasion pour Émilien de s’essayer à la critique : les peintures exposées dans les salons et les pièces jouées à l’Odéon échappent rarement à la plume tantôt acerbe, tantôt enjouée de l’étudiant, que nous pouvons aisément imaginer au sein du public estudiantin réputé pour ses chahuts bruyants durant les pièces.
Émilien aime voyager : dans la campagne francilienne (Fontainebleau, Vincennes), mais également plus loin, notamment lors d’un long voyage en Champagne en mai 1845. Au-delà d’une certaine aisance financière, cela témoigne du goût de cette jeunesse provinciale pour la campagne et le grand air. Dans la capitale et sa banlieue, les promenades, accompagnées d’un ami ou non, sont quasi-quotidiennes pour Émilien. Dès qu’il sort de la capitale, sa verve littéraire se met au service de la nature :
« 13 mai [1844] : […] Nous avons trouvé la campagne d’une fraicheur admirable. Les bords de la Seine sont très riants & à l’approche de Corbeil j’ai remarqué un grand nombre de parcs très élégants. La forêt de Fontainebleau était dans sa plus grande beauté. Les arbres présentaient une étonnante richesse de végétations & de verdure, les gazons très frais invitaient à se reposer sur leurs doux ombrages […] »
« 30 juillet [1846] […] A 6 heures, nous nous sommes réveillés au milieu de cette nature fraiche & riante, à 8 heures nous arrivions dans Paris, étouffé, brûlant. La veille j’étais la foule au jardin de Brunoy, aujourd’hui le chemin qui m’a conduit ici m’a jeté dans ce tourbillon où ma vie n’a pas fait plus de bruit que le pli de l’eau troublée par la feuille qui tombe. »
Il montre un fort intérêt pour l’histoire et les monuments et décrit avec beaucoup de soin les lieux visités qui lui plaisent. Ces récits laissent parfois place à des envolées lyriques et rêveuses, comme par exemple à l’occasion de la visite des pavillons royaux de Fontainebleau le 13 mai 1844, ou de celle de Versailles le 30 mai 1846 :
« […] François 1er, Henri II, Henry IV y avaient imprimé chacun leur caractère. Enfin un homme plus grand par des exploits & son malheur y avait laissé le souvenir éternel du jour où il embrassa en partant pour l’exil ce drapeau, le compagnon de ses victoires. La cour des Adieux était désertée, rien que son nom & son escalier tortueux me rappelait ce jour solennel où, calme, l’empereur recommandait encore à ses soldats fondant en larmes de mourir loyalement pour la France. »
« Au Trianon […] un lit magnifique & célèbre, celui de l’Empereur aux Tuileries, des ornements en malachite sont les objets qui frappent le plus par leur beauté & par l’intérêt des souvenirs qui s’y rattachent. Alexandre envoya les vases de Russie après la paix de Tilsitt. […] Versailles est grand, ses allées droites, ses jets d’eau, ses gigantesques charmilles évoquent des souvenirs de ce temps de Despotisme, de noblesse qui ne peut plus revenir. »
Le jeune homme sait aussi faire la fête : bals et réceptions privées sont récurrents, surtout lors de sa deuxième année. Il décrit régulièrement des soirées dans des appartements « richement décorés », mais critique parfois le peu d’amusement que lui offre la bonne société. C’est aussi l’occasion pour lui de donner quelques avis sur la gent féminine, et de gagner en assurance sur la question. Il semble notamment être touché par une jeune femme durant une visite de la manufacture des Gobelins le 29 mars 1845 :
« Dans ma visite j’ai aperçu une jeune Anglaise dont les yeux pleins d’une extrême candeur, & le sourire gracieux m’ont vivement ému. J’oublierai la belle étrangère & son air charmant, plus tard, je retrouverai peut-être ici ce souvenir de l’agréable admiration dont elle m’a frappé. »
S’il mentionne de plus en plus souvent les femmes au fil de son journal, Émilien ne s’exprime cependant pas sur sa vie affective alors que la vie sentimentale de la « jeunesse des écoles » est sujette à de nombreux fantasmes au XIXe siècle.
La jeunesse des écoles en politique : un engagement ambivalent
Il est difficile, à la lecture de son journal, d’attribuer à Émilien des opinions politiques claires. Agacé par les troubles causés par les républicains à l’Université, il fait cependant preuve d’une certaine indépendance d’esprit en critiquant la guerre et l’armée. Il s’intéresse néanmoins de plus en plus aux débats parlementaires de son temps.
Il se montre peu enthousiaste face à la Monarchie de Juillet, et brosse un portrait peu flatteur du roi :
« 27 mai [1844]. […] nous avons vu le Roi de très près. L’enthousiasme qui éclatait à son passage n’était pas très vif […] 16 mai 1846. […] j’ai aperçu le Roi, il m’a paru bien lourd & bien fatigué. Il montait un tout petit cheval blanc qui lui donnait fort mauvaise mine. […] ».
Cependant, quand les étudiants se rassemblent pour critiquer la Monarchie et soutenir les prises de positions républicaines du professeur Quinet, il semble défendre l’ordre établi :
« 6 décembre [1845]. […] Une heure avant [les étudiants] étaient partis pour aller porter leurs sympathies à M. Quinet, qui cessait son cours d’histoire. Ces démonstrations me paraissent de plus en plus ridicules. Un professeur dépasse les limites de son enseignement & parce que le ministre exerçant un droit de surveillance lui prescrit de rentrer dans sa matière, au lieu de faire un cours de politique, qu’il peut bien publier, mais qu’il n’est pas appelé à enseigner, les Etudiants se laissant entraîner au désir de mouvement aux instigations de journalistes […] vont porter leurs sympathies à un professeur qui les mérite peu, dont le principal mérite est de savoir flatter des imaginations ardentes […] ».
Émilien fréquente activement les cercles de sociabilité de la politique parisienne : il se rend plusieurs fois à la Chambre des députés, cherche à écrire à des ministres, est présenté à des députés. Il se montre particulièrement attentif aux questions de l’aménagement du territoire français, tant dans les discours parlementaires que lors de ses promenades, alors que nous sommes en pleine révolution des transports. Mais il reste difficile de savoir comment il perçoit le personnel politique de son époque :
« 6 février [1846]. Après le cours, je suis allé à la chambre, j’y ai passé la journée pour n’y entendre que quelques maigres paroles d’orateurs parlant sans chaleur, sur des sujets non controversés. […] J’ai vu les ministres & quelques hommes que je ne connaissais pas. […] »
« 2 avril [1846]. […] M. Ménard, préfet de Montauban, est venu voir Gustave, il a l’air assez distingué, mais il pose en homme politique, ce qui n’est guère fait pour donner une haute idée de lui. »
Il se réjouit en particulier lorsqu’un projet d’aménagement dans lequel son ami Félix semble impliqué est adopté à la chambre :
« 5 mars [1846] Je suis allé assister à la séance de la chambre où l’on discutait le projet du canal d’irrigation. J’ai entendu un discours remarquable de M. Gaulard […] Odillon [sic] Barrot a prononcé quelques paroles éloquentes […] Plusieurs orateurs obscurs mais criards ont fait une opposition bruyante […]. J’ai vu Félix en sortant, il était très agité. »
« 6 mars [1846] Je suis allé à la chambre, où la discussion du projet a duré jusqu’à 4 heures 1/2. Les opposants ont parlé sans succès, ils n’ont eu aucune voix pour eux. Tous les articles de la loi ont été adoptés ! Félix était enchanté & étourdi du succès qui le préoccupait si vivement la veille. »
Émilien ne semble en revanche pas beaucoup apprécier la chose militaire. Le 10 mars 1846, il fait part avec soulagement de son exemption du service militaire et, le 13 mai, il passe la moitié de la journée au conseil de révision de l’Hôtel de Ville et est déclaré impropre au service à la suite d’un examen. Sachant qu’il est courant chez les jeunes bourgeois et étudiants de bénéficier de passe-droits pour se soustraire au service, peut-être qu’Émilien s’est vu réformé grâce à quelques arrangements avec la loi. Dans son journal, il développe même un avis très négatif sur la guerre lorsqu’il assiste à une « bataille simulée » dans la plaine de Saint-Maur, le 5 mai 1846 :
« […] le bruit du canon, la fumée des carrés, le tumulte de la cavalerie jetaient cependant un certain charme sur cette multitude. Mais ce combat où les aides de camp se battaient en riant devant nous, n’avait rien d’imposant. Pas un seul cri ne sortait du rang, les fuyards se retiraient dans un ordre de bataille parfait, l’arme au bras, et les évolutions régulièrement accomplies. Quelle différence avec ces sanglantes journées où chaque coup porte la mort, où les cris des blessés, des mourants se mêlent au sifflement des balles. Dans ces jours de tristesse, le laboureur fuyant sa chaumière brulée considère de loin le carnage, chaque coup de canon résonne solennellement dans son cœur, et le tient dans une douloureuse anxiété. […] Quand verrons-nous les combats plus sérieux loin de nous ; quand seront-ils seulement le sujet des vieilles histoires… »
En guise de conclusion
Émilien Montet-Noganets ne correspond pas aux stéréotypes littéraires de l’étudiant du premier XIXe siècle : il n’est ni l’étudiant pauvre et travailleur de Balzac, ni l’étudiant révolutionnaire proche du peuple qui meurt sur les barricades de juin 1832, ni l’étudiant insouciant et débauché accompagné de sa grisette. Il se fond dans la masse des étudiants bourgeois : il part pour la capitale en suivant une tradition familiale, parle très rarement des cours et de leur contenu et semble bien plus intéressé par les bals, spectacles, fêtes et autres carnavals. Il représente sans doute bien la réalité quotidienne du Quartier latin.
Il est intéressant de noter qu’il ne donne que peu d’informations sur ses études, marquées par de nombreux doutes, par des périodes d’étude et de stress intenses. Son échec à ses examens de deuxième année semble le plonger dans une mélancolie qui le pousse à se reprendre en main et il réussit à la fin ses études. Alors que les études sont un thème très peu abordé dans son journal, Émilien se livre à la fin à des considérations nostalgiques, où se déploie tout l’arsenal rhétorique lié au souvenir de l’expérience estudiantine parisienne, qui représente un refuge pour ces jeunes hommes à nouveau privés de leurs repères une fois plongés dans la vie active, à leur retour en province :
« 26 [août] au 1. 7bre [1846]. […] Mes dernières courses dans les rues de Paris avaient un caractère particulier, je ne voyais déjà plus les choses comme présent. Je m’arrêtais parfois, comme devant un tableau, et je cherchais à graver dans ma mémoire l’effet que produisait cette foule animée qui s’agitait sous mes yeux, j’écoutais l’impression que le bruit & le spectacle produisait sur moi ; j’étais comme spectateur, il me semblait que je ne faisais plus partie de la foule. Je ne parcourrai plus Paris en tous sens pour me promener. C’était une collection de tableaux devant laquelle je me déroulais. »
« [1848] […] Sorti de Paris, je me suis fait trop vite à la vie de Province, je le regrette aujourd’hui que j’ai complètement perdu l’élan qu’aurait dû m’imprimer mon absence de six ans. […] je n’ai pas trouvé dans les jeunes gens que je fréquentais, cette connaissance du monde, des nouveautés, des ouvrages d’esprit & des études sérieuses que j’avais rencontrés chez tous mes compagnons habituels, au collège ou pendant mes dernières années de liberté. […] [P]armi beaucoup de femmes et de jeunes filles charmantes, mon esprit et mon cœur sont restés froids […] [J]e ne suis jamais revenu triste ou joyeux de ce qui fait la vie d’un cœur épris. […] »
Le cas d’Émilien est particulièrement riche : une analyse détaillée de ses dépenses, de son écriture, de son agenda quotidien et de son réseau relationnel qui se déploie sur les 150 feuillets de son journal permettrait de nombreuses démonstrations supplémentaires. La fin de son journal est l’occasion pour Émilien de détailler la première année de son retour à Montauban, et de témoigner de la Révolution de 1848 et de la proclamation de la République, qu’il vit à Toulouse, où il s’était rendu pour assister à un procès.
Après son apprentissage comme avoué dans sa région d’origine, il semble qu’Émilien devienne avocat puis juge à Montauban, et se marie à Pauline Gilbert, fille d’un avocat local. Nous retrouvons également sa trace comme maire de la petite commune Puygaillard-de-Quercy, entre 1860 et 1871, où il a pris la succession de son père, maire de 1830 et 1852. Il perpétue ainsi une notabilité familiale bien ancrée qui n’est pas mise à mal par les changements de régime.
Sources et bibliographie :
- MONTET-NOGANETS Émilien (1825-…), « Journal de ma vie d’étudiant à Paris », 1843-1846, bibliothèque numérique de la BIS, https://nubis.bis-sorbonne.fr/ark:/15733/484f
- BARDET Jean-Pierre et RUGGIU François-Joseph (dir.), Les Ecrits du for privé en France de la fin du Moyen Âge à 1914, Éditions du CTHS, Paris, 2014.
- CARRON Jean-Claude, Générations romantiques : les étudiants de Paris et le Quartier latin, 1814-1851, Paris, A. Colin, 1991.
- GALLAND Olivier, Les jeunes, Paris, La Découverte, Repères, 2009, p.12-20 et 26-27 https://shs.cairn.info/les-jeunes—9782707156952?lang=fr
- MOULINIER Pierre, La naissance de l’étudiant moderne (XIXe siècle), Paris, Belin, 2002.
- SABOURIN Lise, « Lettres d’Ingres à Gilibert, édition établie, présentée et annotée par Daniel et Marie-Jeanne Ternois », Studi Francesi, 152 (LI | II) | 2007, p. 458.
- https://www.annuaire-mairie.fr/ancien-maire-puygaillard-de-quercy.html
- https://www.idref.fr/235752533
- https://gw.geneanet.org/macas82?n=montet+noganets&oc=&p=antoine+emilien